Yacht de luxe. Anthénea, l’étonnante soucoupe flottante venue d’Anjou

Inspirée d’un film de James Bond, cette capsule de luxe est présentée en ce moment au prestigieux Monaco Yacht Show, jusqu’à la fin du mois du septembre. Son créateur l’a entièrement pensée et réalisée près d’Angers.

Les plus cinéphiles ont probablement en tête cette scène finale de L’espion qui m’aimait. Roger Moore, alias James Bond, est au chaud avec Barbara Bach, dans une capsule marine, perdue au milieu de l’océan. C’était en 1977. Quarante ans plus tard, cette scène mythique pourra – éventuellement – être rejouée par un couple amoureux… et fortuné. Ce sera à l’intérieur d’Anthénea. Une sorte de soucoupe marine mesurant 9,20 mètres de diamètre, dans laquelle on trouve un grand lit, un jacuzzi, un salon, une cuisine panoramique, entre autres.

Signe des temps, elle est autonome en énergie, son moteur est électrique, et permet à cette petite maison de 50 m2 de se déplacer doucement. Tout doucement. « C’est l’éloge de la lenteur, 2 ou 3 nœuds maximum », prévient Jean-Michel Ducancelle, son créateur, basé à Avrillé, dans le Maine-et-Loire.

Priorité aux terriens

Né aux Antilles, et familier des bateaux depuis sa plus tendre enfance, cet architecte naval a travaillé « pendant plus de 15 ans à la fabrication de yachts, en tant qu’indépendant. J’ai réalisé à quel point le marché du bateau concerne surtout des gens qui ne savent pas naviguer. Et je me suis dit qu’un jour, il faudrait créer des habitations sur l’eau, destinées à des terriens, pas à des marins. »

Très inspiré par Antti Lovag, architecte hongrois qui ne jurait que par la rondeur et les courbes, Ducancelle voulait un cocon protecteur, presque « intra-utérin », mais pas coupé de la nature. L’eau y est visible. Partout. « Même le fond est vitré. Il y a des projecteurs pour voir ce qui se passe la nuit. »

Mais Anthénea a mis du temps à dépasser le stade du rêve. Il aura fallu un déjeuner avec un certain Jacques-Antoine Cesbron, en bord de Maine, à Angers, pour que tout bascule. Cet ancien patron du groupe éponyme, spécialiste du froid industriel, a eu un coup de foudre. « On fréquentait le même club de voile. À l’époque, il me dit : « le jour où je m’arrête, je finance ton projet ». Il a tenu parole. »

Fabrication « solidaire »

Pour la fabrication, l’architecte s’est tourné vers une solution locale : la Ressourcerie des Biscottes, aux Ponts-de-Cé, où une association gère un chantier d’insertion. « Le recyclage est une priorité pour moi. On gaspille trop de richesses ». Cyril Seurat, président de l’association, met alors à disposition ses locaux de 500 m2 et un personnel volontaire.

« Tout le monde n’avait pas forcément la compétence de départ, mais je suis aussi formateur, et ça s’est très bien passé. » Anthénea a ensuite « été assemblée au chantier naval du Toëno à Trébeurden », dans les Côtes d’Armor, expliquait Jacques-Antoine Cesbron, en juillet dernier.

Prix à l’unité : autour de 500 000 €. Pas vraiment à la portée du simple terrien. Sa présentation, depuis mercredi, au Yacht Show de Monaco, temple de la plaisance de luxe, le confirme. « Mais on mise aussi sur l’hôtellerie. Aux Maldives, à Bora-Bora, ou même en Corse, on peut réunir plusieurs capsules et proposer un concept qui sort vraiment du lot.”

Prévoir quand même un bon budget pour se la jouer 007. Une fois dans sa vie.

 

sourcehttps://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/maine-et-loire-anthenea-l-etonnante-soucoupe-flottante-venue-d-anjou-5275488